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Le Gabon se birmanise un peu plus février 4 2009

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Editorial publié le 10 juin 2008
sur le  site de Publiez ce que vous payez Gabon
pwypgabon.org

birman

 Photo: S@m

 Donc, Marc Ona Essangui ne pourra sortir du Gabon que lorsqu’il aura «choisi sa casquette». C’est ce qu’explique notre ministre de l’Intérieur pour justifier la birmanisation croissante du pays. En 2008, un Gabonais doit donc choisir: ou s’occuper de l’environnement, de la santé, de l’éducation, du social, de culture, de développement, des droits et des libertés ou… faire de la politique.

Cette alternative insolite reflète la nature même de la pratique politique dans notre pays: un politicien doit s’occuper de politique à la gabonaise, c’est-à-dire laisser aux ONG les débats et les initiatives concernant la protection de l’environnement, le social, la santé, l’éducation, la culture, le développement, les droits et les libertés.

Question: dans ce cas, à quoi servent les politiciens? Réponse: la politique gabonaise a pour rôle de multiplier les discours et les incantations en s’appuyant sur la langue d’okoumé, spécialité de l’élite, pour entretenir un îlot  de privilégiés dans un océan de misère.

On comprend l’acharnement du gouvernement qui, après avoir suspendu les ONG, interdit la libre circulation d’un de ses représentants les plus crédibles, au motif qu’il faut se déterminer clairement: soit on traite les problèmes de la collectivité, soit on y renonce en s’inféodant à une entité politicienne. Sachant que l’ensemble de la classe politique ne fait qu’une, qu’Omar Bongo demeure le leader de la majorité et de l’opposition, que la seule opposition tolérée dans les médias est l’opposition de service, tout citoyen gabonais non encarté et non triponctué représente un grave danger pour la «stabilité» des affaires. Personnelles.

A en croire le ministre de l’Intérieur, le fait d’adhérer à une organisation non gouvernementale, à une association ou à un collectif impliquerait donc le renoncement à la citoyenneté et le détachement vis-à-vis des réalités qui concernent directement nos parents, nos enfants, nos voisins, nos amis et toute la misère répandue méthodiquement devant nous depuis 1967.

Le grand reproche que le ministre Mba Obame adresse par ailleurs à Marc Ona est son «refus de négocier». Outre que la négociation ne saurait être une obligation, on sait très bien qu’à chaque revendication, dans notre pays, la négociation consiste à recevoir les «meneurs» et à les «calmer» avec de l’argent. C’est le prix de la stabilité et c’est ainsi que tous les problèmes sont réglés. C’est ainsi que «nous avons la paix !»

A l’heure où certains chefs d’Etats africains s’appliquent à entrer dans l’Histoire, tel Abdoulaye Wade qui, profitant de sa présidence islamique, s’implique dans le conflit israélo-palestinien, le plus sensible et le plus vieux du monde, en servant même de médiateur entre la Hamas et le Fatah, nos dirigeants, eux, nous mènent de régression en régression.

Il est inquiétant de voir que les seules leçons que notre ministre de l’Intérieur a retenues de sciences po sont les théories de Machiavel et les pratiques de Staline, d’Enver Oxha et de Kim Il Sung. Mais il y a un  espoir: le peuple sait toujours, à un moment donné, répondre aux provocations et établir un ordre nouveau.


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