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Les Fang mangent les hommes juillet 20 2009

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A l’annonce du décès d’Omar Bongo, tous les leaders politiques bilop se sont retrouvés pour mettre en application le TSF. Le TSF, c’est «tout sauf un Fang»: il s’agit, par tous les moyens, d’empêcher quelque Pahouin que ce soit d’accéder au pouvoir ou d’avoir quelque influence que ce soit au Gabon. Une mobilisation, contre les Fang, de tous les Bilop, de Mamboundou à Sarkozy, en passant par Benoît XVI, est, en effet, vitale pour la sécurité nationale et la prospérité des vrais Gabonais, voire pour la paix dans le monde.

En effet, ce n’est un secret pour personne, si les Pahouin prennent le pouvoir, ils vont tuer tous les Bilop pour les manger. Car, c’est bien connu, les Fang sont sauvages et tous les Gabonais ont grandi avec l’adage «les Fang mangent les hommes». Le Révérend Père Trilles[1], dont nul ne pourrait contester la bonne foi, puisqu’il est prêtre et donc inspiré de Dieu, ne les décrivait-il pas, à l’époque coloniale, comme des indigènes qui «ne se contentent pas de manger leurs prisonniers de guerre, mais “élèvent” couramment la viande humaine comme nos éleveurs normands leur plantureux bétail, abattant ensuite pour les vendre sur le marché, morceaux par morceaux, jeunes hommes ou jeunes filles, suffisamment engraissés à point!»

L’heure est grave, donc. Il est impératif que le front uni bilop, des vrais Gabonais aux Belges, en passant par les Américains, les Chinois, sans oublier les catholiques, observe la plus grande vigilance, car, poursuit le R.P. Trilles, «on conçoit dès lors l’intérêt profond qui s’attache pour nous à cette race, et l’attention avec laquelle elle doit être surveillée. Le jour où parmi eux se lèvera un chef entreprenant et intelligent, un Samory ou un sultan Rabah quelconque, qui saura grouper autour de lui le faisceau épars de leurs tribus sans cesse en guerre les unes avec les autres, et rallier toutes ces convoitises diverses, le sort de la colonie sera entre ses mains: pour ces populations valeureuses habituées au maniement de nos armes, ayant un mépris absolu de la mort qu’ils envisagent sans aucune frayeur, il ne sera qu’un jeu, dans le moment de première surprise, de jeter les Blancs à la mer (…) toute expédition sérieuse aura les plus grandes chances d’échouer complètement. Avec l’esprit qui règne actuellement chez les Fang, la civilisation qui les pénètre en leur inspirant sans cesse de nouveaux besoins qu’ils ne peuvent satisfaire, le Péril noir n’est peut-être pas aussi éloigné qu’on le suppose».

Qui plus est, dans leur obsession hégémonique, ceux que Raponda Walker appelle judicieusement «les hordes envahissantes des Fang»[2] ont fini par se jeter eux-mêmes à la mer. Lorsqu’ils ont voulu regagner leurs villages de la province de l’Estuaire, ils n’avaient plus de place, car ils se sont retrouvés eux-mêmes… envahis. Tellement occupés à guerroyer entre eux, ils ne se sont même pas rendus compte à quel point ils ont été bien eus dans la géniale géopolitique à la gabonaise (répartition ethnique de postes politiques non stratégiques): en douce, les vrais Gabonais sont arrivés à leur faire avaler que les Fang ont un premier ministre, alors que ce dernier est Mekê. S’ils avaient été intelligents, ils auraient fait valoir que les Mérié –et pas seulement les Punu- ont un vice-président. En effet, alors qu’il n’y a pas plus de différence entre un Punu, un Lumbu, un Vungu, un Gisir (Eshira) ou autre Apindzi, tous des Mérié, qu’entre un Mekê, un Ntumu, un Okak, ou autre Mvê, tous des Fang, les Pahouin ne se sont même pas rendu compte que, tout en répandant le mythe selon lequel «les Fang sont solidaires», le Gabon réel a saucissonné ses groupes ethno-linguistiques en entités différentes, pour avoir une plus grande représentation géopolitique, plus de postes dans la haute administration et plus de lauréats triés sur le volet ethnique dans les concours nationaux, afin de laisser les Pahouin à la marge.

Pour revenir à notre parent Trilles, Officier d’Académie de la Congrégation du Saint-Esprit, il faudrait être de mauvaise foi pour penser que ses écrits sont exagérés, car les exemples ne manquent pas: en effet, pour satisfaire de nouveaux besoins, des Mba Obame ou Mba Abessole ne se sont-ils pas appliqués à martyriser leurs propres frères Fang, contribuant à maintenir «leurs tribus sans cesse en guerre les unes avec les autres»? La recherche effrénée de «convoitises diverses» n’a-t-elle pas fait du Fang d’aujourd’hui le plus cupide et le plus corrompu de toute la communauté étrangère, reléguant le fameux «les Fang sont solidaires» au rang de mythe? Au point que, l’atavisme cannibale revenant toujours au galop, il a suffi de leur distribuer quelques kilos de croupions de dinde pour que les Woleu-ntemois donnent à Omar Bongo les meilleurs scores à ses élections ou, lors de la scission du RNB, que des traitres à la nation fang aient choisi le camp du bilop Kombila contre leur propre parent Mba Abessole. Imposteur, certes, mais parent avant tout. Trilles a raison, ces s’en-fout-la-mort n’ont même pas l’instinct de conservation propre à tout organisme vivant.

En effet, qui d’autre qu’un Fang, aurait pu, comme l’a fait Marc Ona Essangui, être assez fou suicidaire pour, de son fauteuil roulant, braver l’Etat gabonais et l’Empire chinois pour recadrer le projet Bélinga qui avait déjà rapporté des milliards de francs de pots de vin à quelques vrais Gabonais? Qui d’autre qu’un Fang aurait pu, «sans aucune frayeur» de la mort, se porter partie civile contre les Biens Mal Acquis de trois chefs d’Etats africains et leur complice françafricains, sans même s’exiler? Cette procédure ne devait-elle pas aboutir criminellement à «jeter les Blancs à la mer»? Un Fang au pouvoir remettrait irrémédiablement en cause les liens historiques indéfectibles qui nous unissent à la France, la Mère-patrie qui nous a apporté la civilisation. En effet, sans les Français, nous n’aurions pas eu la Bugatti d’Edith Lucie Bongo-Sassou, voiture qui coûte 700 millions de FCFA. Sans les Français, aucun Gabonais n’aurait pu, comme l’a fait Ali Bongo, acheter une villa de 12 milliards à Hollywood. Sans les parents français, les centaines de milliards de FCFA en biens immobiliers et en avoirs bancaires, patiemment accumulés pendant plus de quarante ans, auraient été rapatriés et une partie, même infime, aurait été redistribuée aux anthropophages. Il n’aurait plus manqué que ça. Heureusement, les Bilop de l’Elysée, d’après l’avocat Me Bourgi, ont fait le bon choix du futur président, puisqu’il correspond, point par point, à celui de la majorité des militants du PDG qui ont choisi démocratiquement Ali Bongo, l’héritier naturel. Les dangereux Fang, obsédés par le besoin de déstabiliser l’Etat et de vendre les Bilop en pièces détachées au marché d’Akok kam, ont lancé une campagne pour dénoncer une succession dynastique. Mais où est le problème? C’est la coutume: Henri IV n’a-t-il pas succédé à Henri III, lui-même successeur d’Henri II? Et notre bon roi bilop n’a-t-il pas, en 42 ans de règne, perpétué scrupuleusement la tradition en appliquant ce qu’un jour, il a confessé publiquement: «je préfère un bûcheron batéké à un pédégiste fang»? Avec Bongo II, nous avons la garantie que la tradition sera respectée. Reste à la communauté  de vrais patriotes de l’aider à en finir avec les faux-semblants et à inscrire dans la Constitution les conditions de gabonité qu’aucun  Pahouin ne remplira jamais pour, enfin, importer le modèle rwandais.


[1] R.P. Trilles, Chez les Fang, ou quinze années de séjour au Congo français, Société Saint Augustin, Desclées, De Brouwer & Cie.[2] André Raponda Walker, Notes d’histoire du Gabon, Libreville, 1996, Editions Raponda Walker.


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