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Ali et Amo, frères siamois du bongoïsme septembre 28 2009

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Interview publiée dans l’hebdomadaire gabonais La loupe à la fin de la campagne pour l’élection présidentielle d’août 2009. Alphonse Ongouo, le patron du journal, a pris la liberté de ne publier que la partie concernant André Mba Obame. Dans l’édition suivante, ouvertement pro-Ali, il me présentait comme quelqu’un qui “devra répondre positivement si le devoir l’appelle, (…) un cheval à ne pas négliger en fin de course“. Je ne lui en tiens pas rigueur, la démocratie étant aussi le droit fondamental de dire des conneries. Voici l’intégralité de l’interview, telle que nous l’avions adoptée.

Reconnu pour la sincérité de son engagement politique ou citoyen, Grégory Ngbwa Mintsa est également le grand polémiste de notre temps, au Gabon. Ses positions iconoclastes mais toujours muries par une analyse extrêmement profonde appuyée par les principes rigoureux qui le guident, sont souvent incomprises, tellement elles s’écartent de la pensée dominante et de la culture politique ambiante. Pourtant, les faits finissent toujours par lui donner raison. Nous l’avons rencontré pour recueillir ses vues sur la situation nationale.

Vous êtes l’activiste le plus connu du Gabon. Pourtant, on ne vous voit nulle part au cours de l’actuelle campagne. Auriez-vous renoncé à la politique?
Je ne suis pas le plus connu de ce que, avec flatterie, vous appelez «activiste». Je me suis appliqué à rester vivant et les Gabonais ont la mémoire très courte. C’est pourquoi ils ont oublié les autres. Cela dit, qu’on y renonce ou pas, que l’on milite ou pas, on ne peut pas échapper à la politique. Le fait que les Gabonais aient peur de tout et de rien a entraîné le pays à la dérive. Si quelques dizaines de compatriotes avaient pris leurs responsabilités devant l’Histoire au moment où il le fallait, le Gabon serait un pays beaucoup plus avancé. La lâcheté patriotique et citoyenne est un acte politique significatif. Renoncer à la politique, également. Lorsque la majorité est silencieuse ou qu’elle entre dans le moule, elle choisit une position politique ayant autant de conséquence que si elle s’engageait. A rebours, certes. Comme les leaders qui ont largement bénéficié des privilèges du régime et qui, au lieu d’être enfin quelqu’un en disant qu’ils ne soutiennent pas Ali ben Bongo, préfèrent enlever le corps, Ô!

Soutiendrez-vous un candidat à cette élection?
Non.

Pourquoi ?
Parce que je ne voterai pas. La démocratie, c’est la loi de la majorité. Je refuse de légitimer un président de la République qui sera élu par une infime minorité de Gabonais. Il aura la légalité sans la légitimité. Celui qui aura atteint 50%, plus une voix aura probablement fraudé. S’il est élu président avec moins de 50% des suffrages, il pourra estimer qu’il n’a pas de compte à rendre à la majorité des Gabonais et il pourra se permettre de ne satisfaire que le groupuscule qui l’a élu pour être sûr que ce petit groupe lui restera fidèle, en lui octroyant des avantages au détriment du plus grand nombre. Certes, à l’usage, il devra gérer les mécontentements, mais si c’est celui qui a voulu faire du ministère de la Défense une propriété individuelle qui est élu, ça promet de l’action.

Vous boycottez donc une élection que tout le monde s’accorde pourtant à dire qu’elle est la plus importante de l’histoire du Gabon.
La plus importante, mais aussi la plus mauvaise. L’histoire s’écrit dans la durée. C’est inutile de tenter de prévenir qui que ce soit de quoi que ce soit, car une mauvaise expérience vaut mieux qu’un bon conseil. Il faut laisser les Gabonais s’empêtrer eux-mêmes dans leurs propres erreurs. Il arrivera un moment, surement lointain, où ils vont trouver l’équilibre et le consensus réel qui répondent véritablement à l’édification d’une nation plus viable pour tous, lorsque le fantasme des Fang qui mangent les hommes aura disparu, lorsque des sommités Punu réaliseront le danger d’ethniciser la vie politique, lorsque les Altogovéens auront cessé de se marginaliser eux-mêmes en cessant d’empêcher des leaders non pédégistes de rencontrer nos compatriotes dans cette province qui n’est ni plus, ni moins gabonaise que les autres, lorsque les Fang cesseront d’appliquer le bia-bia (nous-mêmes-nous-mêmes) au point de soutenir des crapules.

En attendant, en matière d’élection, il n’y a rien de nouveau: on nous fait toujours croire que les Gabonais sont si bêtes qu’ils ne savent pas compter car, en 19 ans, ils sont incapables de confectionner une liste électorale pour une population équivalant à un arrondissement d’Abidjan ou à un quartier de Lagos; un délai trop court pour inscrire de nouveaux électeurs, des centres d’inscriptions clandestins, des médias privés propagandistes, des médias publics confisqués par le PDG, un candidat qui a commencé la campagne pendant que les Gabonais pleuraient encore son père et qui s’est accroché à un ministère aussi peu rassurant que celui de la Défense, une coalition pour une candidature anti-fang qui a failli entraîner un consensus national sur la nature résolument ethnique de cette élection, une présidente de la République prise en otage par le PDG, un candidat qui loue tous les lieux de réunion jusqu’au jour du vote pour empêcher ses adversaires d’en disposer, la majorité des candidats qui revendique l’héritage de Bongo en se posant comme les candidats de la continuité, alors qu’en coulisse, de son vivant, ils affirmaient que «tant que Bongo est là, on ne peut rien faire», un électorat qui se positionne sur des considérations émotionnelles et non rationnelles, des candidats qui prennent les Gabonais pour des mots de trois lettres et qui sont applaudis parce qu’ils payent pour.

A qui faites-vous allusion ?
Très précisément à Ali Bongo et André Mba Obame. Ali Bongo a prétendu, sur RFI, qu’il n’a rien pu entreprendre pour le développement de son pays parce que, «en Afrique, quand le père est là, l’enfant ne peut pas se mettre devant». Outre qu’il exprime là une conception villageoise de l’Etat, il veut nous faire comprendre que son père ne voulait rien faire pour le pays, mais qu’il était obligé de se taire, sous-entendu, «sinon papa m’aurait fessé». Pourtant, tout le monde sait comment il agissait très souvent au désespoir de son père. Aujourd’hui, Il se présente comme le seul héritier d’Omar Bongo: héritier politique de Tara, héritier du parti de Tara, héritier de la présidence à vie de Tara, héritier du Gabon que lui a laissé Tara. Si, déjà, au mépris des protestations les plus vives, finalement entendues par la présidente de la République, il s’était accroché à un simple ministère, il n’y a aucune chance, s’il l’occupe un jour, qu’il cède le fauteuil présidentiel qui lui revient de plein droit, par héritage patrimonial de Tara. Ha! J’oubliais. Il hérite également de la plainte Bien Mal Acquis.

Et que reprochez-vous à Mba Obame ?
On ne peut pas vraiment parler de reproche, car il relève de la psychiatrie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne riposte pas contre tout le mal qu’il a fait. Pourquoi je dis qu’il relève de la psychiatrie? Je le répète, les Gabonais ont vraiment la mémoire courte. Dans sa tournée électorale, il proclame partout qu’il respecte la loi, alors que lui et son frère ont commencé la campagne électorale avant la date réglementaire. Il est acclamé lorsqu’il tient un discours droits de l’hommiste («vous devez défendre vos droits et n’acceptez pas que qui que ce soit vous en empêche. Vous avez le droit de demander des comptes aux dirigeants de ce pays»), alors que c’est le même Mba Obame qui, sous prétexte que nous détenions une simple lettre ouverte au PR, a mis en prison cinq Gabonais, dont moi, parce que nous demandions des comptes à nos dirigeants. Il a fait suspendre les salaires de l’adjudant Jean-Bernard Poaty et le mien, dès notre sortie de prison. L’adjudant Poaty, parfaitement inconnu des autres accusés, est père de douze enfants et grand-père de deux petits-enfants. Il est affecté à Port-Gentil où il n’a pas de parents. Je ne sais pas comment il fait pour survivre avec un salaire suspendu arbitrairement depuis maintenant huit mois.

Notons que les preuves accablantes qu’il affirmait détenir contre nous sont toujours classées secret d’Etat, alors qu’il n’est plus en fonction. Quel est ce secret d’Etat dont ne disposent ni son successeur, ni les services de renseignements, ni le ministère de la Justice, ni le président de la République, ni la Cour de Sûreté de l’Etat? Mba Obame a fait mettre en prison des pères de familles gabonais avec un chef d’accusation secret. Il est tellement secret que la justice, à ce jour, ne sait pas comment traiter ce dossier vide, mais qui est toujours pendant. Nous n’avons été libérés que sur ordre du président de la République. Sinon, nous serions encore à «Sans-famille», la prison centrale de Libreville, pour des raisons secrètes que le seul Mba Obame connaît. Le grand défenseur des libertés d’aujourd’hui aura marqué son passage au gouvernement comme celui qui aura instauré l’Etat le plus policier de l’Histoire de notre pays.

Mba Obame dit avec conviction le contraire de ce qu’il a fait avec détermination pendant 25 ans

L’autre exemple extraordinaire de schizophrénie se manifeste lorsqu’AMO se présente dans l’Ogooué-Ivindo, comme le seul défenseur des intérêts locaux dans le projet Bélinga. «Ceux qui ont signé cet accord ont menti au président Bongo !», clame-t-il. Or, si Marc Ona Essangui a reçu le Prix Goldmann 2009, décerné aux plus grands défenseurs de l’environnement, c’est justement pour avoir combattu les scandaleux Accords de Bélinga, malgré les répressions multiples. Qui était son principal adversaire? Qui a gelé ses comptes bancaires? Qui l’a interdit de sortie du territoire? Qui l’a fait mettre en prison après un séjour dans les cachots de la PJ? Qui a organisé des marches en faveur du projet Bélinga, en dénonçant des ONG soit disant manipulées par la France jalouse de la Chine? C’est le même qui a attendu la mort de Bongo dont il se vante d’avoir été un proche collaborateur pendant 25 ans, et qui découvre, seulement aujourd’hui, comme son frère Ali, qu’«il y a assez de richesses pour tous dans ce pays».

André Mba Obame, aujourd’hui, dit avec conviction le contraire de ce qu’il a fait avec détermination pendant 25 ans.

Enfin, il dispute à Ali Ben la filiation d’Omar. Si j’étais son père, je ne serais pas très fier de ce fils qui veut à tout prix être le fils de quelqu’un d’autre. Lui et son frère Ali se sont lancés dans une compétition extrêmement coûteuse avec de l’argent dont ils ne pourraient pas justifier l’origine. Sur ce point, ils sont tous deux les dignes héritiers de leur père: pour le pouvoir, ils prennent l’argent public pour que les Gabonais, frappés par la misère, puissent être corrompus avec des miettes de ce qui leur revient de droit.

Cela dit, je lui reconnais un talent indéniable en matière de propagande. Son art du populisme et son talent démagogique sont un cas d’école.

Vous êtes le seul Gabonais qui critique encore Omar Bongo. Le seul qui ne respecte pas sa mémoire. Pourquoi ?
Qu’est-ce que la «mémoire» vient faire dans le débat politique? Si notre pays n’avance pas, c’est parce que notre peuple a été formaté pour fonctionner sur l’émotionnel, et non sur le rationnel. Le débat d’aujourd’hui n’est pas la canonisation de Bongo, contrairement à ce que font tous les politiciens. Parce qu’il est décédé, tout le monde, y compris les “leaders charismatiques” de l’opposition, lui rend hommage. On peut respecter les morts, tel que les sacralise notre tradition. Cela ne nous oblige pas à dresser un bilan du personnage de manière émotionnelle. J’ai été très choqué par son décès, car au cours du seul entretien que nous avons eu, qui s’est déroulé en novembre dernier, il a reconnu que son entourage était complètement pourri et il s’est engagé à faire le ménage autour de lui dans un délai assez bref. Et pourquoi serais-je plus affecté que son propre fils qui a commencé sa campagne pendant la trêve politique générale, au moment du deuil? Personnellement, je n’oserais jamais retirer les effigies de mon père où que ce soit, même dix ans après sa mort, pour placer les miennes. On ne peut pas me demander d’être plus en deuil qu’Ali.

Le fait est que le pays traverse une crise sociale inouïe. Nos institutions existent, mais elles ne jouent pas leur rôle. Celles qui devraient être des contre-pouvoirs ont été tributaires d’un seul homme pendant plus de quarante ans. D’où les dérives et les régressions de toutes sortes. Le Gabonais doit procéder à de nouveaux choix. Or, il n’a pas appris à penser autrement qu’à la gabonaise, en alignant des antiennes ayant pour seule ponctuation des litanies à la «comme-l’a-si-bien-dit-Son-Excellence-El Hadj –Omar-Bongo-Ondimba-président-de-la-République-chef-de-l’Etat-président-fondateur-du-parti-démocratique-gabonais, etc.». Les candidats se réclament tous de Bongo ou, au mieux font systématiquement référence à lui. Ils vont même jusqu’à promettre la continuité, alors qu’à l’évidence, il faut que tout change. Mais, à l’évidence, ils veulent perpétuer un pouvoir qui n’a enrichi qu’une minorité, en cloisonnant les ethnies et les provinces par la géopolitique qui, sous-prétexte d’équilibre ethnique et d’unité nationale, a fait du Gabon une bombe à retardement.

Ces propos et votre abstention électorale vous situent à la frontière de l’anarchisme et du nihilisme.
Vous trouvez? Vous me flattez, merci.

En tout cas, vous semblez détester particulièrement Ali et AMO…
Vous voyez? Vous nous ramenez encore dans l’émotionnel. Je ne nie pas que je me situe avant tout dans l’humain. Mais l’émotionnel pollue notre analyse et notre vision. Il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer. Il s’agit de voir quelles seraient les conséquences sur notre présent et l’avenir de nos enfants si certains candidats prenaient le pouvoir. Et, objectivement, Ali et AMO sont les candidats les plus dangereux. C’est tout.

Vous ne dites pas en quoi ils sont dangereux.
AMO est dangereux parce qu’il est un manipulateur extrêmement doué. Voyez comme la seule mort d’Omar lui a fait tenir un discours diamétralement opposé à sa pratique coutumière. Il organise un forum citoyen alors qu’il a ardemment combattu et gravement réprimé la société civile lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Il a même poussé sa pathologie jusqu’à envoyer un émissaire chez Marc Ona pour que ce dernier lui donne des idées pour son projet de société. Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, il mettait les acteurs de la société civile en prison, sous prétexte qu’ils portaient «plusieurs casquettes en s’immisçant dans la vie politique». Maintenant qu’il n’est plus ministre et qu’il veut être président, il demande à la société civile de l’aider… politiquement!

Le seul credo politique d’Ali a toujours été d’être le fils de.

Quant à Ali, il est dangereux, parce qu’il n’a aucune vision politique. Personne, avant sa candidature, ne pouvait le définir autrement que comme le fils de. Il n’y a qu’à entendre les platitudes qu’il égrène dans ses rassemblements dispendieux: «victoire cash !» (Champ lexical de l’argent) ; «on est ensembles!» (langage des faroteurs). Ali, c’est l’enfant gâté qui, lorsqu’il veut quelque chose, est capable de taper ceux qui l’empêchent de l’avoir. Malgré la quasi-unanimité qu’il a contre lui, il semble dire «le Palais de marbre, c’est mon jouet! Voilà! Si tu prends mon jouet, je vais le dire à mon père!»

Enfin, Ali est particulièrement bête. Comment peut-on donner le pouvoir à quelqu’un qui se fait manipuler aussi ouvertement par son frère AMO depuis toujours? AMO l’a convaincu de l’aider à m’empêcher de négocier le retrait de ma plainte sous la condition que son père restitue l’argent détourné, notamment par Edith Lucie, au profit de Sassou Nguesso, alors que j’étais la seule chance pour que la famille, après avoir restitué une partie des Biens Mal Acquis, ne soit plus poursuivie en justice. Résultat: j’ai été débouté, mais Ali, Pascaline, leurs enfants, leurs tantes, leurs oncles et certains de leurs beaux-parents sont toujours dans la plainte qui suit son cours. Une aubaine pour qu’AMO les élimine, à terme.

Selon vous, quelles devront être les priorités du futur président?
Refonte de la Constitution, refonte de la loi électorale et bonne gouvernance. A partir de là, tous les problèmes seront réglés. Tous les candidats parlent d’améliorer les conditions de vie, de bitumer les routes, d’améliorer les systèmes éducatif et sanitaire. Tout le monde dit la même chose. Lorsque j’ai élaboré «Les 33 propositions du Pr. Kombila», le programme de société du RNB à l’élection de 1998, j’avais associé des experts pour fixer des objectifs précis et chiffrés: combien d’écoles avons-nous? Combien en faut-il? Nous en construirons tant par année. De combien de lits d’hôpital et de médecins par habitant disposons-nous? Combien en manque-t-il? Nous en ajouterons tant par année. Pourquoi nos institutions ne fonctionnent-elles pas? Voilà comment nous allons moderniser l’Etat. Ce projet de société a d’ailleurs allègrement été pompé, souvent à la virgule près, par Mba Obame, alors directeur de la communication dans la campagne de Bongo.

La plupart des candidats veulent restaurer l’autorité de l’Etat.
Moi, je ne voterai que pour un Etat qui restaurera la souveraineté du peuple.

La bonne gouvernance n’est possible que lorsque les pouvoirs et les contre-pouvoirs jouent leurs rôles. Les contre-pouvoirs (législatif, judiciaire, médias, société civile, partis politiques, élection transparente, opinion publique) ont pour rôle d’empêcher l’exécutif de faire n’importe quoi selon son bon vouloir et de défendre l’intérêt du public le plus large. La prochaine Constitution devra consacrer l’indépendance de tous les contre-pouvoirs et en assurer le mécanisme. Par exemple, il faudra revoir la loi sur la presse. Partant du fait qu’un peuple mal informé ne peut pas opérer de bons choix, si j’étais président de la République, je supprimerais la dimension exclusivement répressive du Code de la communication pour consacrer prioritairement la liberté d’expression. Dans cette perspective, la Constitution devra indiquer clairement qu’aucune mesure ne doit entraver ni le droit, ni la liberté d’informer, sachant que les cas de diffamation ou d’injures sont déjà prévus par le code pénal pour protéger également les victimes d’abus. Toutes les lois seront revues pour qu’elles soient des lois qui protègent les citoyens et non les pouvoirs. Alors que la plupart des candidats s’accordent sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’Etat, moi je conçois un Etat qui restaure la souveraineté du peuple. C’est du respect de la volonté du peuple que l’Etat peut tirer son autorité. Les répressions et les tortures de toutes sortes ne sont pas des instruments de l’autorité, mais de la terreur.

La fraude électorale et le détournement de fonds publics sont des crimes contre l’humanité

Pour terminer, le vote, qui est le seul instrument, l’unique matérialité de la souveraineté du peuple, doit être réhabilité et rendu à sa dimension réelle. Une élection doit être un moment épique. Non pas pour le gâchis d’argent qui est devenu rituel à cette occasion dans notre pays riche peuplé de pauvres, mais parce qu’elle constitue, en principe, un moment décisif du quotidien et de l’avenir que se choisit tout un peuple. L’urne étant le seul instrument de souveraineté du peuple, refuser délibérément d’organiser des élections qui respectent la volonté de la majorité est un crime grave! Frauder à une élection est un acte irrespectueux, une injure à la dignité des Gabonais. On pourrait même considérer la fraude électorale comme un crime contre l’humanité, dans la mesure où sont dévoyés le destin et la vie que des centaines de milliers de personnes se sont choisis pour eux et les générations futures.

Je n’arrive pas non plus à comprendre pourquoi la mauvaise gouvernance n’est pas considérée comme un crime contre l’humanité. Quelle différence y a-t-il entre quelqu’un qui envoie des militaires massacrer un village entier et celui qui, en s’appropriant leurs moyens de naître, de grandir, de s’éduquer, de s’informer, de travailler, de se soigner, tue, chaque jour, quelques êtres humains pendant des dizaines d’années?

Les Fang mangent les hommes juillet 20 2009

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A l’annonce du décès d’Omar Bongo, tous les leaders politiques bilop se sont retrouvés pour mettre en application le TSF. Le TSF, c’est «tout sauf un Fang»: il s’agit, par tous les moyens, d’empêcher quelque Pahouin que ce soit d’accéder au pouvoir ou d’avoir quelque influence que ce soit au Gabon. Une mobilisation, contre les Fang, de tous les Bilop, de Mamboundou à Sarkozy, en passant par Benoît XVI, est, en effet, vitale pour la sécurité nationale et la prospérité des vrais Gabonais, voire pour la paix dans le monde.

En effet, ce n’est un secret pour personne, si les Pahouin prennent le pouvoir, ils vont tuer tous les Bilop pour les manger. Car, c’est bien connu, les Fang sont sauvages et tous les Gabonais ont grandi avec l’adage «les Fang mangent les hommes». Le Révérend Père Trilles[1], dont nul ne pourrait contester la bonne foi, puisqu’il est prêtre et donc inspiré de Dieu, ne les décrivait-il pas, à l’époque coloniale, comme des indigènes qui «ne se contentent pas de manger leurs prisonniers de guerre, mais “élèvent” couramment la viande humaine comme nos éleveurs normands leur plantureux bétail, abattant ensuite pour les vendre sur le marché, morceaux par morceaux, jeunes hommes ou jeunes filles, suffisamment engraissés à point!»

L’heure est grave, donc. Il est impératif que le front uni bilop, des vrais Gabonais aux Belges, en passant par les Américains, les Chinois, sans oublier les catholiques, observe la plus grande vigilance, car, poursuit le R.P. Trilles, «on conçoit dès lors l’intérêt profond qui s’attache pour nous à cette race, et l’attention avec laquelle elle doit être surveillée. Le jour où parmi eux se lèvera un chef entreprenant et intelligent, un Samory ou un sultan Rabah quelconque, qui saura grouper autour de lui le faisceau épars de leurs tribus sans cesse en guerre les unes avec les autres, et rallier toutes ces convoitises diverses, le sort de la colonie sera entre ses mains: pour ces populations valeureuses habituées au maniement de nos armes, ayant un mépris absolu de la mort qu’ils envisagent sans aucune frayeur, il ne sera qu’un jeu, dans le moment de première surprise, de jeter les Blancs à la mer (…) toute expédition sérieuse aura les plus grandes chances d’échouer complètement. Avec l’esprit qui règne actuellement chez les Fang, la civilisation qui les pénètre en leur inspirant sans cesse de nouveaux besoins qu’ils ne peuvent satisfaire, le Péril noir n’est peut-être pas aussi éloigné qu’on le suppose».

Qui plus est, dans leur obsession hégémonique, ceux que Raponda Walker appelle judicieusement «les hordes envahissantes des Fang»[2] ont fini par se jeter eux-mêmes à la mer. Lorsqu’ils ont voulu regagner leurs villages de la province de l’Estuaire, ils n’avaient plus de place, car ils se sont retrouvés eux-mêmes… envahis. Tellement occupés à guerroyer entre eux, ils ne se sont même pas rendus compte à quel point ils ont été bien eus dans la géniale géopolitique à la gabonaise (répartition ethnique de postes politiques non stratégiques): en douce, les vrais Gabonais sont arrivés à leur faire avaler que les Fang ont un premier ministre, alors que ce dernier est Mekê. S’ils avaient été intelligents, ils auraient fait valoir que les Mérié –et pas seulement les Punu- ont un vice-président. En effet, alors qu’il n’y a pas plus de différence entre un Punu, un Lumbu, un Vungu, un Gisir (Eshira) ou autre Apindzi, tous des Mérié, qu’entre un Mekê, un Ntumu, un Okak, ou autre Mvê, tous des Fang, les Pahouin ne se sont même pas rendu compte que, tout en répandant le mythe selon lequel «les Fang sont solidaires», le Gabon réel a saucissonné ses groupes ethno-linguistiques en entités différentes, pour avoir une plus grande représentation géopolitique, plus de postes dans la haute administration et plus de lauréats triés sur le volet ethnique dans les concours nationaux, afin de laisser les Pahouin à la marge.

Pour revenir à notre parent Trilles, Officier d’Académie de la Congrégation du Saint-Esprit, il faudrait être de mauvaise foi pour penser que ses écrits sont exagérés, car les exemples ne manquent pas: en effet, pour satisfaire de nouveaux besoins, des Mba Obame ou Mba Abessole ne se sont-ils pas appliqués à martyriser leurs propres frères Fang, contribuant à maintenir «leurs tribus sans cesse en guerre les unes avec les autres»? La recherche effrénée de «convoitises diverses» n’a-t-elle pas fait du Fang d’aujourd’hui le plus cupide et le plus corrompu de toute la communauté étrangère, reléguant le fameux «les Fang sont solidaires» au rang de mythe? Au point que, l’atavisme cannibale revenant toujours au galop, il a suffi de leur distribuer quelques kilos de croupions de dinde pour que les Woleu-ntemois donnent à Omar Bongo les meilleurs scores à ses élections ou, lors de la scission du RNB, que des traitres à la nation fang aient choisi le camp du bilop Kombila contre leur propre parent Mba Abessole. Imposteur, certes, mais parent avant tout. Trilles a raison, ces s’en-fout-la-mort n’ont même pas l’instinct de conservation propre à tout organisme vivant.

En effet, qui d’autre qu’un Fang, aurait pu, comme l’a fait Marc Ona Essangui, être assez fou suicidaire pour, de son fauteuil roulant, braver l’Etat gabonais et l’Empire chinois pour recadrer le projet Bélinga qui avait déjà rapporté des milliards de francs de pots de vin à quelques vrais Gabonais? Qui d’autre qu’un Fang aurait pu, «sans aucune frayeur» de la mort, se porter partie civile contre les Biens Mal Acquis de trois chefs d’Etats africains et leur complice françafricains, sans même s’exiler? Cette procédure ne devait-elle pas aboutir criminellement à «jeter les Blancs à la mer»? Un Fang au pouvoir remettrait irrémédiablement en cause les liens historiques indéfectibles qui nous unissent à la France, la Mère-patrie qui nous a apporté la civilisation. En effet, sans les Français, nous n’aurions pas eu la Bugatti d’Edith Lucie Bongo-Sassou, voiture qui coûte 700 millions de FCFA. Sans les Français, aucun Gabonais n’aurait pu, comme l’a fait Ali Bongo, acheter une villa de 12 milliards à Hollywood. Sans les parents français, les centaines de milliards de FCFA en biens immobiliers et en avoirs bancaires, patiemment accumulés pendant plus de quarante ans, auraient été rapatriés et une partie, même infime, aurait été redistribuée aux anthropophages. Il n’aurait plus manqué que ça. Heureusement, les Bilop de l’Elysée, d’après l’avocat Me Bourgi, ont fait le bon choix du futur président, puisqu’il correspond, point par point, à celui de la majorité des militants du PDG qui ont choisi démocratiquement Ali Bongo, l’héritier naturel. Les dangereux Fang, obsédés par le besoin de déstabiliser l’Etat et de vendre les Bilop en pièces détachées au marché d’Akok kam, ont lancé une campagne pour dénoncer une succession dynastique. Mais où est le problème? C’est la coutume: Henri IV n’a-t-il pas succédé à Henri III, lui-même successeur d’Henri II? Et notre bon roi bilop n’a-t-il pas, en 42 ans de règne, perpétué scrupuleusement la tradition en appliquant ce qu’un jour, il a confessé publiquement: «je préfère un bûcheron batéké à un pédégiste fang»? Avec Bongo II, nous avons la garantie que la tradition sera respectée. Reste à la communauté  de vrais patriotes de l’aider à en finir avec les faux-semblants et à inscrire dans la Constitution les conditions de gabonité qu’aucun  Pahouin ne remplira jamais pour, enfin, importer le modèle rwandais.


[1] R.P. Trilles, Chez les Fang, ou quinze années de séjour au Congo français, Société Saint Augustin, Desclées, De Brouwer & Cie.[2] André Raponda Walker, Notes d’histoire du Gabon, Libreville, 1996, Editions Raponda Walker.

Bongo, l’argent et moi juin 16 2009

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Les invités de Mediapart  -  16 Juin 2009

Intellectuel, journaliste et figure de la société civile gabonaise opposée au régime d’Omar Bongo, mort le 8 juin, Grégory Ngbwa Mintsa livre son analyse sur la situation du Gabon à l’heure des batailles de succession. Grégory Ngbwa Mintsa est notamment l’un des artisans d’une plainte pour “détournement de fonds publics” dans l’affaire dite des “biens mal acquis” qui vise les avoirs colossaux en France de plusieurs chefs d’Etat africains et de leur entourage, dont celui d’Omar Bongo. Sa constitution de partie civile dans le dossier, en tant que contribuable gabonais, a récemment été jugée irrecevable par la justice française.

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Lorsqu’Albert-Bernard Bongo a été coopté pour être le plus jeune président du monde, en 1967, j’avais 10 ans et ma grand-mère vivait encore. Omar Bongo Ondimba, devenu le plus ancien de tous les chefs d’Etats du monde, décède alors que son mandat devait expirer l’année de ma retraite et que mes petits-enfants vont déjà à l’école. Je ne me joindrai donc pas aux politiciens et aux médias amnésiques qui respectent le rituel de la canonisation post-mortem. Je me garde tout autant de tirer sur le corbillard. Mais l’apparente sérénité qui semble régner dans le pays cache une situation extrêmement préoccupante qui rend vaine toute tentative de prévoir ce qui va se passer au Gabon dans les jours et les mois qui viennent.

Omar Bongo, en près de quarante-deux ans de pouvoir, a assuré la paix et fait du Gabon un exemple de stabilité dans le macrocosme complexe et tendu de la Françafrique dont il a été le pilier, sinon le dernier soubassement. Certes. Mais à quel prix?

Depuis son accession au pouvoir en 1967, le mandat perpétuel d’Omar Bongo a reposé sur un seul et unique fondement: l’argent.

Si, en 49 ans d’indépendance dont 42 ans au pouvoir, il n’a laissé que 900 kilomètres de routes bitumées dont les principales ont été entièrement financées par l’Union Européenne; si notre pays tropical est très loin d’assurer son autosuffisance alimentaire, alors que la végétation est si incontrôlable et si envahissante que l’herbe profite de la moindre faille dans le bitume ou sur une dalle de béton armé pour pousser; si notre plateau sanitaire est tel que tomber malade relève du luxe, si le système éducatif est un peu plus régressif chaque année; si le Gabon est un des pays les plus chers du monde, c’est parce que nos ressources, que l’on peut qualifier d’immenses au regard de notre petit million et demi d’habitants, n’ont servi qu’à une cause: la pérennisation d’un pouvoir.

Celle-ci s’est faite par le clientélisme, l’achat des consciences, le financement de réseaux d’affaires, l’achat d’articles hagiographiques dans la presse (vous verrez bientôt quelques prestigieux journaux négropolitains mettre la clé sous la porte), le financement de partis politiques et de candidats à des élections français, l’achat du respect des chefs d’Etats africains (les exceptions sont rares), la médiation des conflits (montée en briques craquantes et jamais trébuchantes, couverte en tuiles ou en ardoises allégeantes), l’interminable dot que, souvent à son insu, il n’a cessé de payer à son beau-père Denis Sassou Nguesso, via la voracité macroCFAge de l’inexpliquablement regrettée Edith Sassou Nguesso.

La dernière Première Dame du Gabon roulait en Maybach et en Bugatti de 1,1 million d’euros pour avoir accumulé une fortune colossale au compte et au nom d’Omar Bongo, son mari, et au bénéfice de Sassou Nguesso, son père. C’est le cas du fameux immeuble du 4, rue de la Baume, à Paris, vendu plus de 18 millions d’euros au couple Bongo par une société immobilière appartenant aux Sassou Nguesso et aux enfants mineurs de Bongo et Edith, à l’insu de Bongo qui n’était même pas au courant que la maison dont il ignorait qu’il était le propriétaire, a été, par acte notarié, donnée gracieusement à… Sassou Nguesso (La Lettre du continent du 12 février et Bakchich.info du 12 mai 2009).

Pendant ce temps, des enfants continuent de mourir chaque jour au Gabon, car leurs parents n’ont pas pu rassembler les 3 euros qui auraient permis de les sauver du paludisme.

Pendant ce temps, les seules mesures d’urgence qui ont répondu aux (pacifiques) émeutiers de la faim ont été la matraque et le gaz lacrymogène.

Pendant ce temps, alors que les autres pays se battent pour dominer le monde ou pour survivre, le Gabon va de régression en régression. C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres que j’ai pris la responsabilité de me porter partie civile. En prenant cette décision, je m’inscrivais dans la droite ligne de Transparence dont le seul objectif est la restitution des Bien Mal Acquis (BMA). Mais, contrairement à la décision de la Doyenne des Juges d’instructions qui, certes était purement juridique, mon intérêt à agir, en tant que citoyen, était des plus fondés.

Il s’agissait d’amener M. Bongo, de son plein gré, à procéder à la restitution des BMA à laquelle il ne semblait pas défavorable, a priori (lors du seul entretien que j’ai eu avec lui, il a sévèrement reproché au ministre de l’Intérieur de me faire pression pour que je retire ma plainte, en concluant «je ne reconnais que deux biens immobiliers et deux comptes bancaires. Que la justice fasse son travail. Et chacun rendra des comptes.»

Cela a eu pour effet d’encourager les faucons et les vautours de son entourage de s’échiner à m’empêcher de créer un précédent qui aurait fini par s’étendre à eux. Dans ses deux derniers discours de nouvel an, le président de la République s’en était pris violemment à son entourage et à son gouvernement qui ne font rien pour le pays et ne pensent qu’à s’enrichir. Il semble que c’est à la fin de son règne qu’Omar Bongo a voulu se ressaisir et s’amender. Mais il était trop tard. Il était un Frankenstein qui avait créé un monstre qu’il ne maîtrisait plus. Mais il l’avait créé.

Mon intérêt à agir était patriotique et citoyen: il était impératif que nos centaines de milliards de Francs détournés soient rapatriés et servent au mieux-vivre des Gabonais et de leurs enfants. J’étais révolté par les pays riches qui accueillent et gèlent l’argent du développement des pays pauvres et posent hypocritement le problème de l’immigration.

C’est ainsi que j’ai fini par percevoir La rupture avec la Françafrique comme l’immigration choisie des fonds détournés et la restitution des indésirables réfugiés économiques. La restitution des BMA avant que la plainte prospère était donc une nécessité impérieuse, car il faut le rappeler, les procédures de restitution peuvent être très longues. Celle des avoirs Marcos a duré 17 ans. Les 6 milliards de dollars de Mobutu mort en 1997, en laissant au Zaïre une dette extérieure de 13 milliards de dollars ne sont pas restitués. Et, pire, la France qui est le premier pays du G8 à avoir signé la Convention de Mérida, est le seul qui n’a procédé à aucune restitution.

Je ne pense pas que la légalité constitutionnelle, à elle seule, pourra répondre à toutes ces problématiques. Les politiciens et les médias, boulimiques de factuel, s’arrêtent trop sur le formalisme qui prend vite le pas sur le fond. La légalité constitutionnelle, à elle seule, ne garantit pas la tenue des élections dans les 30 à 45 jours suivant l’investiture du président par intérim. Surtout lorsqu’un deuil de 30 jours a été décrété. La seule légalité constitutionnelle ne va pas insuffler aux Gabonais le respect du scrutin dans un pays qui n’a jamais organisé une seule élection transparente et où la fraude est tellement devenue la norme que tous les votes de ces dix dernières années se sont soldés par des taux d’abstention atteignant 85% dans certaines circonscriptions. Au point que les élus, pour se donner une légitimité, ont du réviser le code électoral pour adopter le scrutin à un tour, à la majorité relative!

Ainsi, notre Assemblée nationale regorge de «représentants du peuple» crédités frauduleusement de moins de 15% des moins de 30% de suffrages exprimés.

La légalité constitutionnelle, à elle seule, ne pourra pas effacer les 40 ans de représentation ethno-régionaliste et clientéliste au gouvernement qui ont abouti à un repli ethnique institutionnalisé de fait par une compétition effrénée pour occuper tel ou tel strapontin et jouir des prébendes les plus ostentatoires. Elle ne pourra pas obérer une grave revendication déjà exprimée ouvertement en présence même du dénominateur commun, à maintes reprises: l’alternance ethnique aux postes-clés.

Elle ne pourra pas convaincre les oligarques et la famille présidentielle que quelque chose a changé et qu’il est temps qu’ils commencent à respecter la plèbe qui aspire à un changement radical, à la fois des choix et des personnalités politiques. Or, aujourd’hui, à peine dans l’ombre, se joue une tragédie bantu dans laquelle les diadoques et les choreutes veulent chausser les cothurnes du satrape françafricain.

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Des centaines de milliers de Gabonais investissent le palais présidentiel pour rendre un dernier hommage à Omar Bongo.

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Enfin, ce qui est peut-être le plus compliqué et qui défie tout pronostic sur l’avenir immédiat du pays, la seule légalité constitutionnelle ne va pas, du jour au lendemain, donner de nouveaux repères aux Gabonais orphelins de leur dénominateur commun, de leur seul crédo, du seul principe politique qu’ils aient connu et qui s’est éteint le 8 juin.

“Déstabiliser un pouvoir inique est un devoir patriotique” février 16 2009

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Interview publiée dans Echos du Nord n° 38 du mardi 10 février 2009

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Photo: S@m

- D’abord que l’on ne peut pas déstabiliser une démocratie. Donc, le Gabon n’est pas une démocratie. Vous imaginez un coup d’État aux États-Unis, en France, ou en Afrique du Sud? Ce n’est pas possible. On ne peut déstabiliser qu’une entité dont les fondements sont superficiels et les équilibres précaires. C’est ma première réflexion.
La seconde est qu’on ne peut parler de déstabilisation d’un État que lorsque l’État fait corps avec un seul individu. Dans ce cas, il s’agit d’une dictature, d’un système dans lequel tous les mécanismes culturels, économiques et sociaux n’ont pour corolaire qu’un individu et son entourage le plus immédiat. Comme ici, comme dans les dictatures communistes, comme en Corée du Nord. Comme au Zaïre de Mobutu ou en Ouganda d’Idi Amin Dada.
Dans une démocratie normale, le rôle normal d’une opposition est de déstabiliser un système de valeurs pour le remplacer par un autre qu’on considère comme meilleur pour la nation. De fait, dans une démocratie normale, ses adversaires harcèlent quotidiennement celui qui est au pouvoir. Mais cela ne déstabilise pas l’Etat pour autant. L’affaire du Watergate a déstabilisé Richard Nixon au point de le pousser à la démission; l’affaire Monica Lewinsky a déstabilisé Bill Clinton. L’affaire des diamants de Bokassa a déstabilisé Giscard d’Estaing, la révélation de son passé vichyste a déstabilisé Mitterrand; les emplois fictifs de la Mairie de Paris ont déstabilisé Chirac; les révélations des frasques du couple Cécilia-Nicolas ont déstabilisé Sarkozy; l’affaire des pots de vin et du viol ont déstabilisé Jacob Zuma et l’ANC au pouvoir; l’affaire du SAC a déstabilisé le gaullisme; l’attentat du colonel von Stauffenberg a déstabilisé Hitler. Mais à aucun moment de ces épisodes, les états états-unien, français, sud-africain ou allemand n’ont été déstabilisés. Car ils fonctionnaient sur un système viable, produit éprouvé d’un consensus collectif dans un environnement spécifique. Même les groupes armés les plus structurés, qui sèment l’horreur et la terreur dans le public, n’ont jamais pu venir à bout des pouvoirs centraux, et encore moins des pouvoirs centralisés: l’IRA n’a jamais déstabilisé les gouvernements britanniques successifs; l’ETA n’a déstabilisé aucun gouvernement espagnol; les Brigades rouges et la loge P2 n’ont jamais déstabilisé l’Etat italien; Action directe, les indépendantistes corses, bretons, antillais ou kanak n’ont jamais déstabilisé l’Etat français; la Bande à Baader n’a jamais déstabilisé la chancellerie allemande; ni le Ku Klux Klan, ni les intellectuels et artistes accusés de communisme pourchassés par Mac Carty, ni les assassins de Kennedy, ni Al Qaeda, ni les faucons de G. W. Bush n’ont jamais déstabilisé les Etats-Unis d’Amérique; les Farc n’ont jamais déstabilisé l’Etat colombien; les Tigres Tamoul n’ont jamais déstabilisé l’Etat Sri Lankais; les dissidents, souvent soutenus par le bloc occidental, n’ont jamais déstabilisé aucun Etat du bloc de l’Est, ni avant, ni pendant, ni après la Guerre froide. Marc Ona et moi devons, à nous deux, être des miracles de l’Histoire pour déstabiliser un Etat.

- Mettre qui en prison?

- Qui? Moi?

- Il faut être complètement idiot pour penser que Nicolas Sarkozy mettra son maître en prison. Vous ne le savez peut-être pas, mais Bongo est le modèle de Sarkozy. La première personne à qui Le président français fraîchement élu a téléphoné, c’est Bongo. Pour le remercier de ses “conseils”. Il applique d’ailleurs exactement la même politique que notre président: récupérer les figures les plus emblématiques de l’opposition (Jack Lang, Bernard Kouchner, Jacques Attali, Eric Besson, Dominique Strauss Kahn, Jean Marie Bockel, Jacques Séguéla, Max Gallo…) pour semer un désarroi profond dans les rangs de l’adversaire. C’est une tactique qui a fait ses preuves au Gabon. C’est Omar qui a donné le tuyau à Sarkozy. Et puis, tout le monde sait que notre président a l’appui de toute la classe politique française qu’il a abondamment arrosée. Bongo n’ira jamais en prison en France. Si un Gabonais doit aller en prison, c’est ici. Mais en tant que président, il jouit d’une immunité à vie.

- C’est qui, ceux-là?

- Je m’insurge depuis des années contre le rôle néfaste de l’élite intellectuelle qui utilise un français académique pour dire des conneries que le Gabonais gobe sans jamais prendre de recul. Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer de ces inepties. Rendez-vous compte que moi, Ngbwa Mintsa, je suis, du jour au lendemain, devenu le suppot de la Françafrique qui nuis aux intérêts du Gabon! Moi! C’est ça, le pays. Ici, nous fêtons en grande pompe les quarante ans de pouvoir d’Omar Bongo pendant que le reste du monde a honte à notre place. Le monde entier reconnaît Omar Bongo et le Gabon comme la figure emblématique et le bastion inexpugnable de la Françafrique, le défenseur le plus sûr des intérêts français en Afrique. Mais au Gabon, c’est celui qui s’érige contre cette Françafrique pour défendre les intérêts du pays qu’on accuse d’être manipulé par la France. Ca, c’est trop fort!
André Mba Obame sait très bien que la France n’est pas le Gabon. En France, tout ne tourne pas autour de Yaya Sarko. En France, il y a une opposition solide, structurée et bien implantée. En France, il y a une opinion, des opinions. En France, les médias d’Etat ne sont pas la RTG1. En France, le citoyen français ne raisonne pas en termes de “on va encore faire comment?” En France, il y a des contribuables qui n’acceptent pas que leurs impôts prélevés et versés au chapitre de l’aide publique au développement contribuent à enrichir les dictateurs qui financent les partis politiques français et poussent les Africains à l’immigration. En France, il y a des gens qui s’intéressent à la marche du monde et à la condition humaine. En France, il y a aussi des politiciens véreux et des avocats pourris, qui aident nos politiciens à tuer notre pays.

- Mba Obame cherche à diaboliser Transparency International et Sherpa. Cet histrion parle même de Survie alors que cette association n’est pas partie prenante dans la dernière plainte BMA (Biens mal acquis).
Pour ceux qui ne le savent pas, Sherpa défend les Gabonais mieux que le gouvernement. Cette association qui me “manipule” a gagné un procès contre Aréva dont l’activité a entraîné des conséquences néfastes sur la santé des habitants de Mounana. Qu’a fait le Gabon dans ce sens? Rien. Au contraire, au début de ce mois, Areva a été reçu par le président de la République pour reprendre ses activités. Conclusion: il faut déstabiliser la Françafrique.
Lorsqu’il tentait encore fraternellement de me convaincre de retirer ma plainte, Mba Obame parlait de son “collègue” Nicolas sarkozy. Collègue? “Mais oui, nous avons été ministres de l’Intérieur en même temps“. Il se vantait également d’avoir des relations très personnelles avec Bernard Kouchner à qui il a confié l’expertise du dossier de l’assurance maladie universelle. Malgré le fait qu’il avait réalisé une étude en faveur de Total et de la junte birmane, j’avais du mal à croire que l’héroïque et médiatique french doctor pouvait être l’ami d’un tel faquin.
Deux études ont été contractées par BK Conseil, le cabinet de Kouchner, qui les a refilées à ses deux partenaires, Eric Danon et Jacques Baudoin, via les sociétés Imeda, Africa Steps et Danomex. Lorsque je sais que le gouvernement a payé ces deux études sur le système médical gabonais 2 646 388 euros, soit 1,735 916 870 milliard de F Cfa et que je l’entends dire aux Gabonais qu’il ne peut pas satisfaire leurs revendications pourtant reconnues légitimes à cause de la crise financière, ça me révolte! Et, vu la permanence de ce genre de scandale néo-colonial, tout Gabonais qui aime son pays a le devoir de réagir. Dans cette perspective, déstabiliser un pouvoir inique est un devoir patriotique.

Enfin, Comme l’a dit Marc Ona un jour, Mba Obame veut appliquer les recettes de Machiavel, sauf que Machiavel n’avait pas l’Internet. Il exploite une disposition de notre code pénal complètement surannée pour tenter de nous soumettre. Mais je préfèrerais passer ma vie en prison ou mourir qu’être un “Mba Obame boys”. Lorsque ce faquin m’a harcelé quotidiennement pour que je retire ma plainte contre le président de la République en échange du poste de mon choix , j’ai été profondément vexé. Moi, Ngbwa Mintsa, être le factotum d’un larbin!

- Lesquels?

- C’est qui l’Etat gabonais? Je n’ai pas porté plainte contre l’Etat. Je me suis porté partie civile contre le président de la République à cause du patrimoine mobilier et immobilier que continue d’accumuler sa famille en France, alors que la misère des Gabonais s’accroît de jour en jour. Et je le lui ai dit. Il semble d’ailleurs avoir compris.
Le problème est que Mba Obame savait que j’étais dans une logique de conciliation en vue de la restitution des biens mal acquis en faveur des Gabonais les plus pauvres. C’est pour empêcher la conciliation, et donc pour m’empêcher de retirer ma plainte que ce cuistre m’a mis en prison.

- Je ne comprends pas comment les Gabonais peuvent être aussi peu perspicaces. Mba Obame est le pyromane qui crie au feu, c’est évident.

- Voici le contexte. Le président de la République a un certain âge. Manifestement, il n’est plus aussi présent qu’en son temps. Il se trouve qu’il n’a pas, officiellement, préparé sa succession.

Mba Obame était présent lorsque je lui ai dit: “Monsieur le président, vous portez une lourde responsabilité. Si vous décidiez de prendre votre retraite, vous laisseriez un pays où on ne respecte pas les lois, car ceux qui sont payés cher pour les faire appliquer sont les premiers à les violer. Les Gabonais n’ont pas appris à respecter une constitution que vous modifiez avant chaque élection présidentielle. Ils n’ont pas appris à respecter l’urne, car les élections organisées dans ce pays ont toutes été chaotiques. Les Gabonais n’ont pas appris à vivre ensemble, car si la géopolitique a pu avoir une justification à un moment donné de notre histoire, force est de constater qu’elle n’a eu pour résultat que de cloisonner nos ethnies, nos clans, nos provinces et nos villages. Sur quel mode, sur quel principe les Gabonais vont-ils fonctionner lorsque vous ne serez plus aux affaires? Et ce n’est pas moi qui vous dirais la guerre de succession intense qui prévaut dans votre propre entourage qui se tient encore tranquille, car vous l’arrosez d’argent, le tout sur fond de crise sociale. Monsieur le président, si vous ne réagissez pas, nous allons vers une tragédie nationale. Vous seul pouvez l’éviter…

Tout ce que fait Mba Obame s’inscrit en plein dans la guerre de succession. Mais lui, se croit plus malin que les autres en jouant les pompiers pyromanes.

- Les Rénovateurs sont impatients de prendre le pouvoir. C’est pourquoi, par la personne de Mba Obame, ils entreprennent tout ce qui peut affaiblir Bongo.

- Oui. Je sais ce que je dis et je pèse mes mots. Mba Obame et ses amis se concertent pour prendre des décisions qui nuisent à l’image de leur père dans l’opinion internationale. Mais au plan intérieur, il se présente comme le défenseur de Papa le plus dévoué et le plus déterminé. Vous voulez des exemples? Connaissant la notoriété internationale de Marc Ona, il lui interdit de sortir du territoire. Sans notification officielle. Evidemment, toutes les ONG internationales qui l’attendaient pour une conférence aux Etats-Unis protestent violemment. Malgré cela, il l’empêche de se rendre à une conférence au Congo. Les réactions se manifestent de plus en plus fort. A l’assemblée générale des Nations Unies à New York, en septembre 2008, un collectif des plus grandes ONG du monde remet au vice-président de la République, en mains propres, une lettre de protestation adressée au président Bongo.
Malgré cela, il l’empêche de se rendre à une autre conférence au Sénégal. Vous imaginez les réactions au plan international.
En février 2008, il suspend toutes les ONG. Toutes! Cela ne s’est jamais vu ailleurs. Nulle part. Tir groupé de toutes les ONG et associations dans le monde.

En réaction à la plainte BMA, il corrompt la Gabonaise et les Congolais qui s’étaient portés partie civile dans la plainte BMA avec l’argent du Gabon et faisant subir des pressions de toutes sortes aux plus déterminés, dont la menace de mort sur la famille Toungamany. En passant, il tente de corrompre Les avocats de Sherpa. Ce qui suscite un tir groupé des médias français qui n’ont jamais vu ça. Enfin, il nous met en prison arbitrairement, sachant très bien que l’opinion internationale se saisirait de cette affaire dont le dernier modèle est la Birmanie.

Et puis il vient là, faire semblant de s’étonner du “harcèlement des médias français“.

Je l’énerve, parce qu’il sait que je sais qu’il sait que lorsqu’il prend de telles initiatives, ce n’est pas Mba Obame qu’on vilipende dans le monde. Qui le connaît? Pour l’opinion internationale, c’est Bongo qui persécute Marc Ona, c’est Bongo qui a suspendu les ONG, c’est Bongo qui nous a arbitrairement envoyés au bagne. Parce qu’il a fait sciences po, Mba Obame croit être plus intelligent que la moyenne et il croit pouvoir manipuler tout le monde.

- En effet. Et je maintiens que Mba Obame et ses complices sont au cœur d’une conspiration sourde.

- Le jour où il a invité Marc et moi à discuter dans son bureau, le ministre de la Défense, Ali Bongo, après avoir eu l’outrecuidance de me faire la morale pendant une heure, m’a dit qu’un Blanc, une barbouze est venu spontanément lui proposer de “régler le compte de Grégory proprement, sans laisser de trace“.

Je lui ai dit que je m’y attends depuis l’instant où j’ai décidé de me constituer partie civile. En effet, je sais que le combat contre la Françafrique m’oppose objectivement à toute la crapulerie d’affaires française au Gabon, aux loges maçonniques affairistes et à leurs valets locaux. Sans parler des Gabonais qui préfèrent mourir à petit feux sous prétexte que “nous avons la paix” plutôt que prendre leur responsabilité devant l’Histoire et l’avenir de nos enfants.

- Si, bien sûr. Mais étant donné que notre peur est leur première arme, chaque fois que j’ai peur, je suis révolté et encore plus déterminé. Lorsque j’étais en prison, j’ai connu un état d’exaltation profonde, car je savais que j’étais là pour qu’on ne jette plus les Gabonais en prison de cette manière et pour que les Gabonais n’aient plus peur.

- Si vous ne voyez pas une conspiration de la part de ceux qui font tout pour affaiblir le président afin de prendre le pouvoir, vous en verrez les prémisses et les manifestations d’ici peu.

Le Gabon se birmanise un peu plus février 4 2009

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Editorial publié le 10 juin 2008
sur le  site de Publiez ce que vous payez Gabon
pwypgabon.org

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 Photo: S@m

 Donc, Marc Ona Essangui ne pourra sortir du Gabon que lorsqu’il aura «choisi sa casquette». C’est ce qu’explique notre ministre de l’Intérieur pour justifier la birmanisation croissante du pays. En 2008, un Gabonais doit donc choisir: ou s’occuper de l’environnement, de la santé, de l’éducation, du social, de culture, de développement, des droits et des libertés ou… faire de la politique.

Cette alternative insolite reflète la nature même de la pratique politique dans notre pays: un politicien doit s’occuper de politique à la gabonaise, c’est-à-dire laisser aux ONG les débats et les initiatives concernant la protection de l’environnement, le social, la santé, l’éducation, la culture, le développement, les droits et les libertés.

Question: dans ce cas, à quoi servent les politiciens? Réponse: la politique gabonaise a pour rôle de multiplier les discours et les incantations en s’appuyant sur la langue d’okoumé, spécialité de l’élite, pour entretenir un îlot  de privilégiés dans un océan de misère.

On comprend l’acharnement du gouvernement qui, après avoir suspendu les ONG, interdit la libre circulation d’un de ses représentants les plus crédibles, au motif qu’il faut se déterminer clairement: soit on traite les problèmes de la collectivité, soit on y renonce en s’inféodant à une entité politicienne. Sachant que l’ensemble de la classe politique ne fait qu’une, qu’Omar Bongo demeure le leader de la majorité et de l’opposition, que la seule opposition tolérée dans les médias est l’opposition de service, tout citoyen gabonais non encarté et non triponctué représente un grave danger pour la «stabilité» des affaires. Personnelles.

A en croire le ministre de l’Intérieur, le fait d’adhérer à une organisation non gouvernementale, à une association ou à un collectif impliquerait donc le renoncement à la citoyenneté et le détachement vis-à-vis des réalités qui concernent directement nos parents, nos enfants, nos voisins, nos amis et toute la misère répandue méthodiquement devant nous depuis 1967.

Le grand reproche que le ministre Mba Obame adresse par ailleurs à Marc Ona est son «refus de négocier». Outre que la négociation ne saurait être une obligation, on sait très bien qu’à chaque revendication, dans notre pays, la négociation consiste à recevoir les «meneurs» et à les «calmer» avec de l’argent. C’est le prix de la stabilité et c’est ainsi que tous les problèmes sont réglés. C’est ainsi que «nous avons la paix !»

A l’heure où certains chefs d’Etats africains s’appliquent à entrer dans l’Histoire, tel Abdoulaye Wade qui, profitant de sa présidence islamique, s’implique dans le conflit israélo-palestinien, le plus sensible et le plus vieux du monde, en servant même de médiateur entre la Hamas et le Fatah, nos dirigeants, eux, nous mènent de régression en régression.

Il est inquiétant de voir que les seules leçons que notre ministre de l’Intérieur a retenues de sciences po sont les théories de Machiavel et les pratiques de Staline, d’Enver Oxha et de Kim Il Sung. Mais il y a un  espoir: le peuple sait toujours, à un moment donné, répondre aux provocations et établir un ordre nouveau.


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